Rencontre avec un bénévole passionné de la Cité de l’Automobile autour de l’histoire du vitrage

Le Musée National de l’Automobile de Mulhouse-Collection Schlumpf, en Alsace, abrite la plus grande collection publique de voitures au monde. Elle regroupe plus de 650 véhicules, depuis les débuts de l’auto jusqu’aux modèles plus récents.

Monsieur Pat GARNIER, ingénieur de profession, est arrivé en 1982 au musée en tant que directeur-adjoint, chargé des activités scientifiques et culturelles et il ne l’a jamais quitté depuis. Il est devenu directeur du musée de 1995 à 2000. Pendant qu’il était directeur, il a créé l’Association Internationale des Amis du Musée, qui rassemble 400 membres et dont il fait encore partie aujourd’hui. Passionné de voitures et de son ancien métier, il a très gentiment accepté de répondre à nos questions.

Quand sont apparus les premiers vitrages automobiles ?

Les premiers vitrages transparents existaient déjà sur les véhicules hippomobiles (par exemple les fiacres, les calèches). La petite lucarne à l’arrière du véhicule était déjà en verre à l’époque. Les premières voitures motorisées bénéficiaient donc déjà de cette expertise et les premiers pare-brise verticaux sont apparus sur les automobiles dès 1893-1894. Les vitres latérales étaient biseautées et gravées pour les embellir. Ensuite il y a eu un souci de dangerosité que représentaient les pare-brise en verre plein, car ils provoquaient des blessures importantes en cas de bris.

Dans les années 1920, en Europe d’abord puis aux Etats-Unis, les verres composites furent expérimentés : 2 vitres plates transparentes avec une feuille de MICA au milieu (minéral extrait de la roche) ainsi que pour les vitres latérales.

Un modèle étonnant de la marque Panhard

Il y a quand même eu d’autres progrès techniques après la seconde guerre mondiale?

Plusieurs années après, il y eu la découverte du verre trempé ou feuilleté qui n’est absolument pas coupant et donc écarte le danger du verre plein. Lorsqu’il y a un impact, les morceaux ne sont pas coupants. Il a l’avantage de pouvoir être mis en forme un petit peu. On peut ainsi le galber et le bomber par exemple. C’était beaucoup plus contraignant avant pour les designers d’avoir des verres plats, les verres modernes leur ayant ouvert de nouveaux champs d’innovation.

Existe-t-il d’autres solutions que le verre ?

Les inconvénients du verre sont qu’il est lourd et cassant, mais il a une qualité remarquable de transparence par rapport à d’autres matériaux. De plus, il reste stable dans le temps. Les produits issus du pétrole (polyméthacrylate de méthyle et autres polymères) ont tendance à vieillir et à perdre leur transparence. Le plexiglass par exemple vieillit dans le temps. Il devient cassant et se trouble.

Plus d’informations sur la cité de l’Automobile